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La phéromone apaisante du lapin

05/10/2026 Conseils du vétérinaire
La phéromone apaisante du lapin

Elles peuvent se trouver par exemple dans l’urine, sur la peau, dans les sécrétions vaginales ou dans la salive. Chez les mammifères, elles sont détectées par l’organe voméronasal situé entre les fosses nasales et la cavité buccale. Elles peuvent également être détectées avec les odeurs par l’organe olfactif.

Il en existe de différents types chimiques (acides gras, esters, alcools etc…) et elles ont différents effets qui ont une importance pour la survie de l’espèce. Par exemple elles permettent aux canidés de marquer leur territoire en urinant. Les fourmis utilisent des phéromones pour indiquer les endroits où elles sont passées à leurs congénères. Selon les espèces, les phéromones femelles peuvent indiquer au mâle que la femelle peut être fécondée ou des phéromones mâles peuvent déclencher une ovulation chez la femelle. Chez les mammifères, certaines phéromones présentes sur la mamelle et dans le lait favorisent la recherche du téton par les jeunes et participent à leur apaisement.


❖ D’une molécule issue de l’adaptation aux conditions sauvages…


La lapine avant de mettre bas fait son nid avec ses poils. Dans les colonies sauvages de lapins, ce nid se trouve dans un endroit caché, hors du terrier principal. Après la mise-bas, la lapine ne visite que 3-4 minutes par jour son nid pour nourrir ses petits. En le quittant elle camoufle le nid de manière que

celui-ci soit introuvable par les prédateurs (mais aussi par les autres lapins qui peuvent être agressifs entre eux). Pour la survie des lapereaux, il est primordial que ceux-ci restent dans le nid.

La fourrure que la mère a utilisée pour faire le nid contient une phéromone qui apaise les petits. En présence de cette phéromone, ils sont plus tranquilles, restent à l’intérieur du nid et font moins de bruit. Ainsi, le nid a moins de risques d’être trouvé par les prédateurs. Cette phéromone a été nommée Rabbit Appeasing Pheromone (RAP), soit la phéromone apaisante du lapin. Elle a été isolée et est synthétisée pour être utilisée chez les lapins domestiques.


❖ …à son utilisation pour les animaux domestiques.


L’usage de cette phéromone en élevage améliore le bien-être des animaux en les rendant plus calmes et participe à la réduction de la mortalité néonatale chez les lapereaux.

Pour les lapins de compagnie, cette molécule permet de réduire les comportements de stress lors de situations inhabituelles : un changement de lieu de vie lors d’une adoption ou d’un déménagement, un transport en voiture, ou encore une visite chez le/la vétérinaire.

Les produits qui en contiennent sont faciles à utiliser, puisqu’ils se présentent sous forme de diffuseurou de spray à vaporiser, ils sont dépourvus d’effets secondaires. Si votre lapin doit subir une situation nouvelle, source de stress, vous avez tout intérêt à en utiliser. Parlez-en à votre vétérinaire.



Sources:

Agan UB, Macq M, Descout E, Abalo MB, Cozzi A and Chasles M Crossing the comfort zone: rabbit appeasing pheromone enhances acclimation to a novel environment. Frontiers in Veterinary Science 2026, 13:1929577.

Asproni P, Codecasa E, Marcet-Rius M, Demellier J, Descout E, Verbaere M, Vinck O, Pageat P, Cozzi A.

Helping Rabbits Cope with Veterinary Acts and Vaccine-Related Stress: The Effects of the Rabbit Appeasing Pheromone (RAP). Animals 2024, 14, 3549.

Codecasa E, Asproni P, Cozzi A, Monneret P, Descout E, Pageat P, Marcet-Rius M. Use of rabbit-appeasing pheromone in mist form helps pet rabbits cope with transport. American Journal of Veterinary Research 2026, 87(6), avr.25.12.0433.

Pageat P. Nesting in rabbits: Function of the nest in the development of juvenile rabbits. In Proceedings of the 10th European Congress on Companion Animal Behavioural Medecine 2004, Part 1, 28-31.

Stowers L, Marton TF What is a pheromone? Mammalian pheromones reconsidered. Neuron 2005 June 2, Vol. 46, 699–702


Les maladies dentaires du lapin, vous connaissez ?
Les maladies dentaires du lapin, vous connaissez ?

04/06/2024 - Conseils du vétérinaire

Conseils du vétérinaire

Les maladies dentaires du lapin peuvent se développer à tout âge et sur n’importe quel individu. Pourtant, il existe de nombreux facteurs qui vont favoriserl’apparition de certaines de ces maladies et toucher préférentiellement certaines catégories de population.Tout d’abord, il est nécessaire de faire la différence entre les maladies d’origine congénitales et les maladies acquises. Dans le premier cas les problèmesdentaires font suite à une mauvaise conformation de la mâchoire ou de la qualité de la dent et touchent des individus plutôt jeunes (<1 an). Les maladies acquises se développe plutôt chez des individus d’âge moyen, entre 3 et 4 ans environ, et font suite à des anomalies chroniques dans l’entretien du lapin, etnotamment à une alimentation inadaptée. ❖ Un petit point sur la bouche du lapin.Le lapin est un animal hypsodonte, c’est-à-dire qui possède des dents avec une grande couronne dentaire et qui poussent en continue tout au long de la vie de l’animal. Le lapin est donc forcé d’user ses dents tout au long de sa vie pour que ce phénomène s’équilibre. L’usure régulière des dents est essentiellement permise par la mastication de fibres alimentaires avec des mouvements en rotation des mâchoires. L’alimentation joue donc un rôle central lorsqu’il s’agit de la santé des dents du lapin. Une alimentation pauvre en fibre va privilégier des mouvements masticatoires du haut vers le bas à l’origine d’une surpression sur les racines dentaires favorisant des anomalies de la pousse (déviation, agénésie, régression du bourgeon dentaire…) voire des infections des racines (infection simple, abcès, nécrose…).Sur chaque hémi-mâchoire supérieure, le lapin possède deux incisives (la principale et une petite vestigiale derrière), pas de canine (l’espace vide laissé par cette absence sur la mâchoire est appelé diastème), trois prémolaires et trois molaires. Sur chaque hémi-mâchoire inférieure, le lapin possède une incisive, pas de canine, deux prémolaires et trois molaires. Sur les races naines, chez qui le chanfrein est plus ou moins court, certaines de ces dents peuvent être atrophiées ou mal positionnées car la bouche est trop petite. De même, chez ces races, le prognathisme (mâchoires inférieures plus en avant que la supérieure et défaut d’affrontement des incisives) est une anomalie plus fréquente que chez les races au chanfrein plus long.❖ La malocclusion des incisives, maladie congénitale ou acquise ?La maladie dentaire congénitale la plus fréquente est la malocclusion des incisives secondaire à un prognathisme plus ou moins prononcé. Elle est à l’origine d’une élongation anormale des incisives avec les incisives supérieurs qui « bouclent » vers l’intérieur de la bouche et les inférieures qui partent versl’avant ou remontent devant le nez. Ce mauvais positionnement empêche l’animal de se nourrir correctement. La malocclusion congénitale se développe dans les premiers mois de vie de l’animal et n’est pas toujours décelée à l’adoption.Lorsque la malocclusion se développe au-delà de 1 an, elle est en général plutôt acquise : à la suite d’un traumatisme unique (chute) ou répété (mâchonnements compulsif des barreaux de la cage par exemple), d’une fracture d’une ou plusieurs incisives, suite à une élongation anormale des molairesqui entraine l’ouverture de l’angle d’occlusion et à terme entraine un défaut d’affrontement.❖ La malocclusion des molaires, une histoire de nourriture mais pas que !La malocclusion des molaires est une maladie acquise. L’origine communément admise pour cette maladie est, comme indiqué plus haut, un défaut d’usure des dents lié à un manque de fibres dans la ration alimentaire. Une autre hypothèse évoque une carence chronique en calcium et/ou en vitamine D qui serait à l’origine d’une fragilisation des zones d’insertion des dents et une dégénérescence des racines dentaires.Ces différents facteurs entrainent une déviation progressive de la pousse des dents et la création de pointes dentaires qui peuvent, à terme, blesser la langue ou les joues et créer des ulcères. Cela favorise également les infections dentaires pouvant aller jusqu’à l’abcès voire jusqu’à l’infection osseuse.❖ Traitement et pronostic des maladies dentaires.Concernant la malocclusion des incisives, le traitement d’urgence consiste à limer les dents sous anesthésie flash avec une lime rotative pour permettre à l’animal de remanger correctement. En revanche, la coupe des dents à la pince est à proscrire puisqu’elle fragilise un peu plus l’insertion des dents et augmente le risque de fractures dentaires. A court terme, l’extraction chirurgicale des incisives est conseillée car la malocclusion tend rapidement à s’aggraver et la fréquence des limages à augmenter (toutes les 6 à 3 semaines en moyenne).Pour une malocclusion des molaires, la prise en charge est différente puisqu’elle touche le plus souvent l’ensemble de la denture. Le traitement de choix est un limage dentaire sous anesthésie à répéter plus ou moins fréquemment en fonction de la gravité des lésions. Occasionnellement, une extraction dentaire peut être indiquée en cas d’infection d’une racine dentaire.❖ Que faire en prévention ?Pour les maladies congénitales, à part lutter contre la sélection des hypertypes dans les élevages, il n’y a pas de solution préventive. Dans le cas des maladies acquises, la prévention passe par une alimentation adaptée : foin à volonté, accès limité aux granulés, légumes verts fibreux quotidiennement. De plus une ration équilibrée en calcium et un accès à une source d’UV (contact direct au Soleil, lampe UV) peuvent être conseillé pour renforcer l’insertion des racines dentaires.Question curieuse : Sans ses incisives, mon lapin peut-il encore manger ?Oui ! Les incisives servent principalement à cueillir l’herbe. Même sans incisives le lapin pourra attraper sa nourriture avec ses lèvres et sa langue. Certains lapins peuvent avoir besoin qu’on leur coupe leur nourriture en petits morceaux pour les aider à manger, mais, dans la plupart des cas, les lapins opérés sont capables de remanger seuls juste après l’intervention. Références :CROSSLEY DA. Clinical aspects of lagomorph dental anatomy : the rabbit (Oryctolagus cuniculus). J Vet Dent.1995 ;12 :137-140.JEKL V, HAUPTMAN K, KNOTEK Z. Quantitative and qualitative assessments of intraoral lesions in 180 smallherbivorous mammals. Vet Rec. 2008 ;162 :442-449.

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